Association des Habitants de LLN
SOL : tout cela pour rien ?

Cette semaine, notre bourgmestre a annoncé que la Ville n’arriverait pas à finaliser le projet de Schéma d’Orientation Local pour le centre-ville dans les délais, c'est-à-dire pour fin septembre. Le marché pour l’étude d’incidence n’a encore pu être conclu. Il fait toujours l’objet de négociations avec les candidats.

Cela signifie que, à partir d’octobre, les promoteurs et investisseurs pourront déposer des demandes de permis d’urbanisme pour les projets qu’ils auraient conservé dans leurs cartons.

Serions-nous donc revenus à la case départ ? La consultation populaire, la démarche pour ouvrir les possibles, le panel du SOL ont-ils été menés pour rien ?
 
Julie Chantry se veut rassurante. Ce n’est pas parce que le SOL n’est pas validé qu’il n’a aucune valeur. Il ne faut pas perdre de vue que le recours au SOL est un nouvel outil, nous étions donc dans une situation inédite. Selon elle, la Société Klépierre a déjà signalé qu’il ne poursuivrait pas son projet d’extension de L’esplanade tel qu’il l’avait envisagé. Avec la crise du Covid-19, les galeries commerçantes ont éprouvé des difficultés. Est-ce à dire que Klépierre et Wilhem abandonnent tout projet ?
 
A ce jour, tout reste possible. Le Schéma d’Orientation laisse les options ouvertes : couverture de la gare, extension du centre commercial, mais à mixer avec des logements et des bureaux, délocalisation de la gare des bus sur la gare des trains, etc. Des questions non tranchées renvoyées au bureau chargé de l’étude d’incidence. Et qu’on le veuille ou non, juridiquement, le champ est libre pour les promoteurs et investisseurs.
 
Certes, la crise du Covid change la donne pour les investisseurs. D'ailleurs, elle devrait la changer pour tout le monde, à en croire les épidémiologistes mondiaux. D’après une publication commandée par le Forum Economique mondial au Global Health Institute : « avec l’accroissement de la densité de population, des déplacements humains, de la déforestation et du changement climatique, une nouvelle ère de risque épidémique a commencé. Le nombre et la diversité des épidémies ont augmenté sur les 30 dernière années, une tendance qui devrait s’intensifier ».
 
Alors, nos responsables vont-ils pouvoir tirer les leçons de la crise du Covid-19, prendre toute la mesure de la nécessité de changer nos comportements économiques et peu écologiques responsables de la détérioration de notre écosystème, du réchauffement climatique et maintenant des grandes épidémies ? Les responsables politiques et universitaires vont-il avoir le courage de revoir fondamentalement les options ? Vont-ils opter franchement pour un nouveau modèle de développement urbain au service d’une économie plus locale, plus juste, plus circulaire et dès lors moins carbonée comme y invitent les 300 entrepreneurs et chercheurs auteurs du plan SOPHIA, qui nous invitent à une relance durable ?

 
Anne Quévit
Présidente de l'Association des Habitants

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